Les normes, alliées discrètes des professionnels de la piscine

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Le marché de la piscine est en plein essor : l’envie d’en acquérir une ne faiblit pas chez les Français, et l’année 2015 a enregistré une hausse de 9 % de structures installées. Mais une piscine est une construction complexe, qui doit être régie par des normes et des réglementations nécessaires.

Être piscinier est un métier qui demande une rare polyvalence : plomberie, maçonnerie, électricité, chimie, hydraulique… De nombreux domaines à maîtriser pour offrir des structures de qualité. À cela s’ajoutent les réglementations et les normes propres à ce secteur – et bien que ces dernières soient d’application volontaire, mieux vaut ne pas en faire abstraction ! Pensées pour rendre service aux professionnels, et même si on ne le réalise pas toujours, les mettre en place est bien souvent avantageux pour l’entreprise.

Normes et réglementations : quelles différences ?

Souvent coexistantes, ces deux notions peuvent facilement être confondues. Elles ont toutes deux pour but d’homogénéiser les pratiques et leur donner un cadre commun  mais elles diffèrent fondamentalement dans leur application. La réglementation émane d’une autorité administrative (Etat, Sénat…) et est donc imposée ; elle régit la construction et la sécurité dans les piscines.  La norme est volontaire et peut être mise en place au rythme de chacun.  Elle est établie par un institut de normalisation reconnu comme l’Association Française de Normalisation (AFNOR). Appliquer les normes, c’est assurer à son entreprise une meilleure performance, et un bon niveau de qualité et de sécurité.

La Fédération des Professionnels de la Piscine, garante de l’applicabilité

Il y a dix ans, les normes pour piscines privées et publiques émanaient de la même structure. Mais en 2005, c’est la stupeur à la Fédération des Professionnels de la Piscine : lors d’une rapide lecture de l’enquête probatoire d’un projet censé être destiné aux piscines publiques, on s’aperçoit que les normes régissant ces dernières seront applicables aux piscines privées… et  il ne reste que deux jours pour s’y opposer ! Joëlle Pulinx Challet, déléguée générale à la FPP, se souvient des implications : « Il aurait fallu créer un poste de secours, faire disparaître le système de skimmers… ce n’était pas applicable, et ça aurait pu faire complètement couler le marché en France ! ». Il fallait agir vite, et s’organiser pour faire une contre-proposition à ce texte écrit sans même consulter les professionnels concernés.

C’est de cette mobilisation, et avec le soutien de l’AFNOR, que naîtra une structure de normalisation spécialement dédiée aux piscines familiales. Pour que la transition se passe au mieux, Joëlle Pulinx Challet précise que « les professionnels du secteur ont été invités à participer aux groupes de travail et au comité de normalisation ». Grâce à cette initiative, le dialogue entre les différentes parties prenantes est beaucoup mieux coordonné, pour éviter de revivre les mêmes incompréhensions qu’en 2005.

Nouvelles normes et réglementation : alarmantes de prime abord, mais finalement bénéfiques

Le changement n’est jamais facile, surtout lorsqu’il impacte son cœur de métier ! À titre d’exemple, nombreux sont les professionnels à avoir été préoccupés par la loi du 3 janvier 2003 qui obligeait les propriétaires de piscines à installer un dispositif de sécurité – une alarme, une barrière, une couverture ou un abri de piscine. Face à ces nouvelles réglementations, les clients auraient pu faire marche arrière… Un système de sécurité, ce n’est pas jugé nécessaire par tout le monde, et cela représente surtout une dépense supplémentaire ! Le milieu professionnel s’est donc attendu à être pris dans une tourmente qui n’est jamais venue.

Au lieu de quoi les Français se sont sentis rassurés par de telles mesures, et les ont appliquées – avec plus ou moins de retard, mais tout ne peut pas être parfait… La piscine était devenue un endroit sécurisé : l’achat n’était donc plus contradictoire avec, par exemple, le fait d’avoir des enfants en bas âge. Un succès que l’on doit en partie à l’engagement de la FPP : elle s’est battue pour que le consommateur ait le choix entre 4 dispositifs de sécurité, rendant cette loi plus flexible et moins contraignante.

Normalisation des piscines privées : la boucle est bouclée

« Depuis avril 2016, on peut dire qu’on a fait le tour ! », se félicite Joëlle Pulinx Challet. Jusqu’à 2015, ce sont sur les « exigences spécifiques et de sécurité » des piscines privées à usage familial que se portent les textes. La publication de la dernière norme sur le système de distribution d’eau en avril 2016 vient boucler la boucle : tous les sujets ont été couverts pour normaliser la piscine privée. C’est le fruit d’un travail de longue haleine, débuté en 2005. Vous pourrez retrouver les différentes normes applicables en cliquant sur ce lien. Mais ce n’est pas fini pour autant : « Les normes ne restent jamais telles quelles bien longtemps : il faut les faire évoluer et les réviser constamment » pour éviter qu’elles ne deviennent obsolètes, précise la déléguée générale à la FPP.

C’est donc un cahier des charges bien rempli qui s’annonce pour les années à venir. Grâce à une Fédération des Professionnels de la Piscine engagée et une structure spécialement dédiée où les acteurs du secteur ont droit de parole, les normes et la réglementation sont toujours plus adaptées et bénéfiques aux professionnels. Des alliées parfois insoupçonnées, qu’il est toujours bon de connaître et d’appliquer.

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